Un diamant sous tension malgré la vitalité créative de la haute joaillerie

Début juillet, pendant la Fashion Week, la haute joaillerie s’est métamorphosée en paysage sensible, peuplé de fleurs, de saisons, de lumière, de parfums. De Tiffany à Cartier, de Chaumet à Bvlgari, de Dior à Chanel, sans oublier Louis Vuitton haute joaillerie ou encore des créateurs moins connus comme le new-yorkais Adam Neeley, c’est une joaillerie vivante, vibrante et presque organique qui se déployait sous nos yeux.

Pendant ce temps, les structures du marché se consolident pour mieux soutenir le secteur du diamant. La récente nomination à la présidence de la World Federation of Diamond Bourses (WFDB) de Mehul Shah, un homme de réseau et d’expérience, est de nature à rassurer une industrie qui traverse des temps difficiles. Mehul Shah succède à Yoram Dvash à ce poste et ce choix démontre une reconnaissance du poids croissant de l’Inde dans le secteur. L’Antwerp World Diamond Centre (AWDC) renouvelle également ses dirigeants en nommant 3 nouveaux directeurs tout en conservant un duo solide à sa tête. Isidore Mörsel, président de Dali Diamond Co., est reconduit à la présidence de l’AWDC. La présence de figures jouissant d’une forte autorité et d’un réel ascendant dans la profession est essentielle dans un moment où le cap doit être fermement tenu. L’AWDC a d’ailleurs obtenu récemment des résultats très encourageants dans plusieurs dossiers récents, au bénéfice d’Anvers.

La CIBJO s’attache à défendre le secteur en réaffirmant que les 4 C doivent être réservés aux diamants naturels et ne peuvent s’appliquer aux diamants de synthèse et également que le terme « lab-grown » devrait être interdit au profit de « synthetic ». Cette prise de position vise à redonner au diamant naturel son langage propre et bien que les décisions de la CIBJO n’aient pas force de loi, elles servent de référence pour l’établissement des réglementations nationales de nombreux pays.

C’est une mesure d’autant plus pertinente que le secteur du diamant continue de traverser des difficultés. De Beers ne trouve toujours pas de repreneur malgré une rumeur confirmant le choix du consortium conduit par l’ancien CEO de De Beers, Gareth Penny (information non confirmée par Anglo American à ce stade). Les derniers résultats de De Beers confirment une fragilité persistante : au deuxième trimestre 2026, les ventes de brut ont généré 665 millions de dollars, soit une baisse de 44% sur un an tandis que le prix moyen a reculé de 37%, à 110 dollars le carat. Ils expliquent la réorientation stratégique des investissements du groupe.

L’arrêt du projet de développement de la mine de Venetia (visant à développer l’exploitation sous-terraine qui allongerait la durée de vie de la mine jusqu’à 2040) montre que De Beers cherche à réduire ses coûts face à des pertes qui s’accumulent. Autre exemple, Burgundy Diamond Mines annonce la fermeture de la mine d’Ekati au Canada (coût d’exploitation élevé, absence de repreneur) dans le contexte d’un marché toujours sous pression, marqué par une demande atone et une baisse des prix. Les groupes miniers cherchent avant tout à préserver la valeur du diamant naturel tout en limitant leur exposition aux investissements les plus lourds.

Publication dans La Lettre de Rubel & Ménasché (réservé aux abonnés) - juillet 2026

‍La photo est la propriété de la Maison Louis Vuitton Haute Joaillerie. Toute reproduction de texte et photo est interdite.

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